lundi 29 décembre 2014

Cleveland, la ville des maisons hantées

C’est comme un film d’horreur : les scènes affreuses se succèdent et on sait qu’il y en a toujours une autre encore pire qui vient juste après. C’est ça qu’on a vécu ici.” D’abord, la scène où l’industrie automobile, jusque-là solidement installée dans cette partie du pays, défaille. Puis la scène où les autres usines sont entraînées dans la chute. Le chômage, les habitants qui fuient. Et la cité n’a alors pas fini de se transformer en ville fantôme…

On en était à un point où on pensait ne plus pouvoir rien supporter de plus. Et là, la crise des subprimes nous est tombée dessus… Elle nous a obligés à abandonner tous nos autres combats pour lui faire la guerre, poursuit Barbara Anderson, activiste multitâche, engagée dans la lutte contre les saisies immobilières.


Une maison abandonnée de Cleveland. Dans les années 50, les usines automobiles tournaient à plein régime et la ville était en population la cinquième du pays, avec 915 000 âmes. Soixante ans plus tard, ce symbole de la force industrielle américaine a perdu la moitié de ses habitants. 80 000 ont fui ces six dernières années. Photo A.-C. B.

26 000 maisons vides
En 2007, année où le système des crédits hypothécaires véreux s’effondre, 14 000 maisons sont saisies dans le comté de Cuyahoga, où se trouve Cleveland. Avec autant d’expulsions et de maisons laissées à l’abandon.
Le gros du séisme, aujourd’hui, semble être passé. “Mais le taux de saisies est encore au-dessus de l’acceptable”, estime le conseiller municipal Tony Bracatelli. 9 800 l’an dernier, 10 445 cette année : la courbe remonte, par répliques. “On est encore en rémission. Il nous reste beaucoup à faire”, résume Barbara Anderson. Notamment, ramasser les débris : la ville de Cleveland, à elle seule, compte pas moins de 26 000 maisons vides. Et le coup de pelleteuse coûte 10 000 dollars, plus que le prix, sur e-bay, de l’une de ces maisons hantées…

“Dans ce pays, tout est déprimé. L’économie et aussi les gens”, dit George Robinson, assis dans le salon d’une maison qu’il paie beaucoup trop cher – sa valeur a été divisée par trois depuis son achat. 

ledauphine.com

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